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Mardi 25 avril 2006

Sémiocalie ou signification du beau ou beauté du sens. Au-delà de la vérité et de la cohérence, du vrai / faux, la beauté du sens est la finalité de la parole, de la communication. Parler pour dire le beau. Parler c’est glorifier le réel, magnifier la création / vie.

Le monde est une question. Le langage est toujours une question. Derrière toutes les phrases, toutes les affirmations, toutes les formes littéraires, il y a un questionnement : celui de l’être. Question de l’être qui se demande, qui s’intellige dans l’actualité / présence. L’être se fait intellect / connaissance pendant que l’intellect retourne à l’être. Dans le même temps, nous avons une procession d’être (verbe) à la connaissance et une conversion de l’intellect à l’Etre (nom). L’être / intellect est temps / éternité, avec un avant et un après en même temps que sans ce même avant et après.

L’esprit discursif empêche la manifestation de l’amour car l’amour est unité et la discursivité est dualité. Dans le désert de l’esprit-cœur jaillit la flamme, l’énergie merveilleuse. Depuis la racine s’abandonner. Oh glorieux abandon ! Laisser être le temps en soi. Abandon ! Abandon ! Rien d’autre que la « pratique » continuelle de l’abandon, du don de l’être. Se donner plutôt que prendre ; se livrer sans concession.

Chaque intervention, chaque volition, chaque mouvement de l’homme a des conséquences et des répercussions qui vont bien au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.

Lorsqu’on fait silence, l’esprit connaît la paix de l’unité. Sans résister, la rémission sans condition est inéluctable et nécessaire, la rémission est une libération. En effet, écouter attentivement fait naître le silence fécond, vivifiant. Dans l’écoute, le monde extérieur et le monde intérieur ne font plus qu’un : la dualité, la séparation a disparue. A la place de ces mondes intérieurs et extérieurs, de ces dualités (violence / mal) surgit, sourd, jaillit l’Un, l’unité primordiale, anté-temporelle, éternelle.

Les conditions nécessaires au jaillissement du Un sont le silence, lui-même issu de l’écoute (ou méditation) et l’abandon, le dépouillement, le laisser-être-l’autre-en-soi, le wu-wei des taoïstes. Sans souci de soi, sans préoccupation pour le monde créé, le regard spirituel tourné sans cesse vers la joie et la lumière divine, tous nos sens tendus vers Dieu-Un. Prendre conscience de chaque geste : et le temps se ralenti, se densifie, prend de l’épaisseur, qualité divine. Le temps passe de la quantité à la qualité, de la mesure à la qualité au-delà de toute mesure.

Prendre conscience de chaque geste, de chaque respiration : comprendre leur valeur → la valeur de l’instant. L’instant est éternel, on ne le répètera jamais assez.

Notre destinée ne nous appartient pas. Nous ne pouvons la choisir, nous n’avons pas prise sur elle. Par contre, nous avons la liberté de l’accepter et de la vivre positivement, ou de la fuir, de la vivre négativement. Purifier le cœur de toutes ses passions : de la colère à la peur, du désir à la haine.

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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Dimanche 16 avril 2006

La Vie = l’ensemble des vies humaines
Chaque vie humaine recèle une partie d’essence divine. Chaque partie rassemblée forme un tout indivisible (approche systémique --) dérivé du structuralisme).


Le langage bloque le développement de la pensée.
Pour atteindre à la connaissance du divin, il faut rassembler les parties de son Etre.
L’homme tout seul n’est rien, mais c’est l’ensemble de chaque homme qui forme ce qu’on appelle la Vie. Le procédé philosophique qui consiste à rassembler tous les éléments qui forme un tout, de les prendre, pour les étudier, un à un butte inéluctablement sur une aporie. Il est impossible de comprendre toutes les réalités humaines, de chaque homme. Les réalités sont la conception unique, propre à chaque homme. Pour avoir l’ensemble de ces réalités en une vision synthétique, condensée mais complète, il faut dépasser les singularités (méthode philosophique périmée) et essayer de comprendre la réalité dans son ensemble, indépendamment des réalités individuelles, et même de toute réalité humaine. Il faut donc une conception abstraite de la réalité, conception qui évite tout a priori des hommes.
La REALITE est une conception de l’homme pour l’homme. Ce terme est en effet forgé pour l’homme et uniquement pour lui. Hors de l’homme point de réalité --) vide (suis-je encore un homme ?) Il faut rassembler l’homme divisé, parcellisé et, au bout du compte, perdu. La séparation de l’intellect et des sens mène au travestissement du réel. L’appréhension de ce dernier est pervertie par cette séparation. Il faut comprendre le réel, la réalité par la perception et non par le jugement (Bien/Mal) qui est également séparation au sein de l’intellect. Ainsi, l’ouïe est un sens primordial qu’il faut développer afin de percevoir la réalité. En effet, celle-ci n’est pas seulement matérielle (toucher, vue) au sens occidental du terme mais également auditive, immatérielle, pure perception. La réalité, pour finir, est telle que la perçoivent les 6 sens : c’est un tout.
Le temps entre également en compte dans l’appréhension de la réalité, ou plutôt c’est l’infini, la permanence qui constitue cette réalité ; et c’est en cela qu’elle nous dépasse et qu’elle est si difficile à saisir. En effet, le temps, au même titre que les langues et le langage est une création humaine, propre à l’homme. En cela, il se distingue et se sépare un peu plus chaque jour de ses origines.
En fait, c’est l’homme qui est temps et qui fait le temps ; c’est l’homme qui traverse l’espace et le temps, qui, eux, sont permanents et immuables. Ici, réside la difficulté de comprendre la réalité.
Il faut observer (du dehors donc) la réalité avec un regard tourné vers soi (et non pas un regard venant de soi ; le regard est extérieur et se tourne vers soi, vers l’intérieur), sur l’intérieur.
La réalité, qui est donc moins matérielle, physique qu’il n’y paraît, est surtout un instant qu’il faut saisir au-delà de la superficialité du jugement inconscient et du regard, de la vue. C’est un tout qui, tout en paraissant fugitif, éphémère, aléatoire, imperceptible, impermanent, se trouve en fait être immuable et « statique ». C’est un tout que l’esprit seul ne peut saisir mis qu’il faut éprouver de tout son corps (5 sens) et grâce à l’étincelle divine (« âme ») qui réside en chacun de nous. La réalité réclame, demande une participation à la vie ; l’homme doit participer et s’inscrire par son existence et ses actions dans la réalité, le temps et l’espace, l’Histoire.

La réalité peut se présenter, apparaître comme un son. En effet, lorsque l’on naît, on « arrive » dans la REALITE (au sens fort). Or, la réalité est extérieure à la vie. Il s’agit en fait d’un monde « factice », créé de toute pièce par l’homme, différent pour chaque individualité, personnalité, différent à chaque Moi, à chaque Je. Chacun se crée sa propre réalité – qui lui est donc propre – chacun a une vision du monde et donc de la réalité différente, mais fausse car parcellaire ; et aucune ne peut être vraie puisque la vraie réalité est après notre mort (instant inverse à la naissance, de retour à l’ensemble, au grand tout, à l’unité-vie). La réalité, la nature que l’on observe, l’humanité présente, ce que je perçois par mes sens n’est qu’une production de la vie, tout comme moi je  le suis également. Je suis donc la réalité comme l’est toute chose qui la compose – à des degrés différents. Chaque homme – au même titre que les animaux et la flore – détient une part de vie de l’Un, du Grand Etre, donc une part de connaissance de la réalité que l’on interprète et travesti chacun de manière différente. Le monde extérieur n’est donc que l’apparence, le reflet (cf. le mythe de la caverne, Platon) de la Vérité. Une part de cette vérité se trouve enfouie au plus profond de chacun de nous. Et il n’appartient qu’à nous de retrouver cette part de Vérité, d’Amour, de réalité.
Nous retrouverons l’ensemble de La réalité (et non plus de MA réalité) qu’à notre mort.
APRES lecture de Lévinas : Totalité et infini, essai sur l’extériorité
La séparation n’est jamais totale mais infinie, perpétuelle recommencement dans l’unité, de l’unité. La distance ainsi engendrée par la séparation d’avec l’autre conduit à appréhender la réalité d’une toute autre manière – que l’on pourrait appeler « la vision de l’extérieur dans l’intériorité de l’être ».
L’introduction de l’irrationnel dans la conception de systèmes et de schèmes mentaux comporte toujours un degré plus ou moins élevé de contestation et d’opposition, un élément aléatoire prouvant l’imperfectibilité de la doctrine ainsi énoncée.
L’imaginaire est sûrement une conception mentale au même titre que la réalité. Les deux peuvent être définis comme des images artificielles, fruit de l’activité de notre cerveau et de nos sens (corps et esprit associés). Le problème est de savoir à quelle distance se situe la Vérité par rapport à ces deux extrémités ? La mort délivre-t-elle l’homme de son rêve, de sa « prison psychique » ? Existe-t-il une manière, un moyen d’atteindre la Vérité av la mort, sans la mort. (changement de dimension, arrêt du temps --) éternité ; le moyen d’atteindre, de toucher la vérité est peut-être le but et la fin, c’est-à-dire la vie, le temps)

Rapport entre l’homme (esprit et corps), le temps et l’espace. Activité mentale sur ces deux paramètres.

Schéma de l’égo : Moi et surmoi --) séparation vers l’extériorité (altruisme) pour le premier, et vers l’intériorité (égoïsme) pour le second.
Cette séparation nécessaire et traumatisante (pour la vie avec toute l’acuité de l’expérience déchirante de séparation)  de l’être se résolve dans l’unité corps / esprit ou sens / intellect.
C’est une participation totale de l’être à la Vie qui fait de « l’homme déchiré » entre lui et l’autre (= monde et autrui en général). Par là – vivre pleinement la vie – l’être participe, par l’ensemble de sa substance, à la totalité.

par Jahman publié dans : Dieu
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Samedi 8 avril 2006

Chaque lieu est un point d’entrée/sortie

Chaque particule est en interaction permanente avec la totalité. C’est un point ouvert qui laisse entrer ce qui doit y entrer et qui laisse sortir ce qui doit y sortir. Le point spatial ouvre sur l’infini, la totalité de l’univers.

La place (res) est à la fois ins et ex, entrée et sortie, lieu d’échange des flux énergétiques par excellence. Le monde est création perpétuelle, c’est-à-dire transformation. En tant qu’élément, particule, partie du monde, je ne peux exister hors de lui. Ce monde, cet espace extérieur n’est donc pas réel mais c’est moi-même. Je, cette création, partie / élément en interaction permanente avec le tout, qui, à la différence des être dénués de conscience, possède le savoir de lui-même (réflexion). Homo sapiens sapiens est une rupture dans l’évolution de l’espèce humaine. Le genre est surdéveloppé comparativement à ses ancêtres hominidés. Ce re-doublement de la pensée sur elle-même donne à l’homme la conscience de soi. Cette large capacité cognitive accroît le potentiel créatif et inventif en ouvrant davantage l’ego à l’altérité, en accroissant le réseau de relations, les connexions s’en trouvant complexifiées, la trame du tissu densifiée. Elément parmi les éléments mais élément qui sait qu’il est un élément parmi les autres. Ce savoir fait toute la différence.

L’espace comme un tissu de relations complexes est un milieu ouvrant la matière au-dedans (fissure temporelle de l’espace). Cette ouverture interne des éléments est une production énergétique de la lumière spirituelle, une dispersion temporelle de l’éternité. C’est la Création.

Ecriture créée sur la création, dans la création, pour la création, par la création. Les deux niveaux se rejoignent dans le discours réfléchissant son propre sens créé. Ce processus n’est pas linéaire, ne va pas en s’expansifiant mais, au contraire, pénètre plus profondément à l’intérieur, au plus près de l’origine absolue – néant au-delà du temps et de l’espace qui qualifient l’être extérieur. Le néant intérieur est comme le négatif de l’être extérieur. Toute perception est inconcevable pour cette dimension cachée. Il nous faut avoir recours à une non-perception, c’est-à-dire un effacement de l’intention, dans le maintien de l’attention. Evacuer la forme, transcender l’incarnation par l’esprit indivisible. Sorti de soi est l’œuvre divine qui nous fait progresser. Désassumer, déresponsabiliser est un dur travail face à la société. Dépasser toute conception et toute représentation idéelle. Désubstantiver le noyau moïque. Rejeter tous les couples de contraires pour trouver l’absolu. Ce rejet doit être fait pour lui-même, sans intention, sans finalité autre à atteindre. Dès lors, il ne demeure que le jet pur de soi-même allant au-delà de soi-même, c’est-à-dire vers l’autre. Cette liaison éternelle allant de l’identique à la différence, du même à l’autre, de soi-même à l’altérité casse le cercle qui enferme la conscience – et la conscience de soi – en elle-même. En ouvrant sa conscience par la mise en relation avec le contraire absolu dans l’acte désintéressé, de don et d’amour, on communique avec l’inconnu intérieur. Ce dernier est accessible sous la couche du moi conscient qui semble protéger notre fond intime. C’est pour cela qu’il ne faut pas avoir peur car cette peur universelle bloque l’ouverture du cœur en surimposant le moi protecteur. Retourner à son fond primordial, au Soi authentique, c’est se libérer de la peur. Ce fond pur de soi-même, centre de l’être est la porte d’entrée/sortie des énergies. Le moi est comme un filtre qui censure et dirige les énergies ; il contrôle tout. Le contrôle moïque nous empêche de vivre en nous séparant du réel pour nous protéger. Enlever toute peur dans son cœur permet de supprimer le contrôle moïque n’ayant plus son utilité. Dès lors peut s’épanouir la lumière intérieure reflétant l’absolu divin éternel. Rien de plus.

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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Mercredi 29 mars 2006

S’arrêter un instant pour reprendre son souffle ; un peu de repos ; « s’arrêter sur le seuil du moment » Nietzsche). Regarder le temps qui passe plutôt que de lui courir après sans savoir pourquoi ; non pas l’observer pour prendre des mesures, l’étudier, l’analyser et le disséquer mais tout simplement le regarder s’écouler, lentement, rapidement, à son rythme, le regarder s’accélérer puis se ralentir, tandis qu’impassible, le Je reste immobile, tranquille, dans l’attention présente. La beauté du temps peut être représentée par l’infini. L’infini c’est beau, c’est le temps. Etre sensible à la beauté infinie du temps, c’est-à-dire de l’être. S’éterniser dans l’instant c’est être présent à soi dans l’acte. Tout est dans tout. La conscience de soi c’est l’acte qui nous le montre.

L’être n’est qu’au présent, c’est le tout de la réalité, construction permanente de l’édifice à jamais inachevé.

par Jahman publié dans : principe de vie
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Mardi 28 mars 2006

Il manque à l’homme ce sentiment de vivre, de vie, ce bonheur naturel d’exister, cette merveille qu’est la « création », cette présence / conscience (mais plus que ça) du cœur. La vie affective, ce qui fait battre notre cœur, par l’absence de paix intérieures, est amoindrie, sinon nulle. Cette disparition de la vie en nous (de l’affectivité remplacée par l’égo) est le fait d’une dissipation culturelle, historique, logique, d’une séparation d’avec la nature. La coupure que l’humain opère entre lui, son monde aseptisé (société), et celui primordiale de la vie / nature / cœur est la cause du désordre psychique et -  a fortiori – social. On ne sait plus reconnaître l’essentiel, nous avons perdu de vue les valeurs incarnées par l’esprit humain, car on n’écoute plus notre cœur, notre corps ; notre jugement / regard est bien souvent rationnel, égoïste. Notre appartenance à la nature irrationnelle de la vie passe par le souvenir du cœur et donne un sens à notre existence car cette appartenance originelle à la nature nous intègre et nous fais participer à Dieu / vie : nature et amour, c’est-à-dire des réalités qui « transcendent » notre quotidien fini, déterminé, rationalisé et terne. Mais il ne s’agit pas pour autant d’introduire le rêve, l’imaginaire dans notre conception du monde. Il s’agit tout simplement de laisser ouverte la porte du cœur qui nous relie à l’altérité transcendante, l’Un-Tout, à l’infini intemporel, au présent éternel. Ce n’est pas une opération de l’esprit en vue de comprendre un objet, un système, mais, au contraire, un mode d’être de l’homme total, qui demande le travail de l’esprit, du corps ET du cœur, la troisième variable indispensable pour une connaissance qui se dispense des mesures, des quantifications, de la scientificité, des catégories rationnelles. C’est en quelque sorte le moteur, ce qui permet l’échange communicationnel entre le corps et l’esprit ; le cœur donne l’impulsion originelle, la spontanéité émotionnelle (Soi). Le cœur (amour, vie) fait converser, dialoguer les dualités ; le cœur ouvre la voie à l’écoute de l’autre et au don de soi, il relâche l’emprise du Moi sur les consciences. Le dialogue entre les pôles opposés devient possible dès lors que l’on est ouvert et à l’écoute. En d’autres termes, le corps et l’esprit sont des voies gnoséologiques qui, lorsqu’ils ne sont pas réduits, relativisés et utilisés comme des absolus (dogmatisme, vérité), composent le triptique « exprit/corps-cœur ». Le rythme est donné par le cœur et le cycle se produit / réalise / déroule / construit entre le corps et l’esprit. La connaissance se fait musicale, ou amoureuse (du fait du rôle moteur, du rôle de chef d’orchestre donné au cœur).

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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