le coeur

Publié le par Jahman

Il manque à l’homme ce sentiment de vivre, de vie, ce bonheur naturel d’exister, cette merveille qu’est la « création », cette présence / conscience (mais plus que ça) du cœur. La vie affective, ce qui fait battre notre cœur, par l’absence de paix intérieures, est amoindrie, sinon nulle. Cette disparition de la vie en nous (de l’affectivité remplacée par l’égo) est le fait d’une dissipation culturelle, historique, logique, d’une séparation d’avec la nature. La coupure que l’humain opère entre lui, son monde aseptisé (société), et celui primordiale de la vie / nature / cœur est la cause du désordre psychique et -  a fortiori – social. On ne sait plus reconnaître l’essentiel, nous avons perdu de vue les valeurs incarnées par l’esprit humain, car on n’écoute plus notre cœur, notre corps ; notre jugement / regard est bien souvent rationnel, égoïste. Notre appartenance à la nature irrationnelle de la vie passe par le souvenir du cœur et donne un sens à notre existence car cette appartenance originelle à la nature nous intègre et nous fais participer à Dieu / vie : nature et amour, c’est-à-dire des réalités qui « transcendent » notre quotidien fini, déterminé, rationalisé et terne. Mais il ne s’agit pas pour autant d’introduire le rêve, l’imaginaire dans notre conception du monde. Il s’agit tout simplement de laisser ouverte la porte du cœur qui nous relie à l’altérité transcendante, l’Un-Tout, à l’infini intemporel, au présent éternel. Ce n’est pas une opération de l’esprit en vue de comprendre un objet, un système, mais, au contraire, un mode d’être de l’homme total, qui demande le travail de l’esprit, du corps ET du cœur, la troisième variable indispensable pour une connaissance qui se dispense des mesures, des quantifications, de la scientificité, des catégories rationnelles. C’est en quelque sorte le moteur, ce qui permet l’échange communicationnel entre le corps et l’esprit ; le cœur donne l’impulsion originelle, la spontanéité émotionnelle (Soi). Le cœur (amour, vie) fait converser, dialoguer les dualités ; le cœur ouvre la voie à l’écoute de l’autre et au don de soi, il relâche l’emprise du Moi sur les consciences. Le dialogue entre les pôles opposés devient possible dès lors que l’on est ouvert et à l’écoute. En d’autres termes, le corps et l’esprit sont des voies gnoséologiques qui, lorsqu’ils ne sont pas réduits, relativisés et utilisés comme des absolus (dogmatisme, vérité), composent le triptique « exprit/corps-cœur ». Le rythme est donné par le cœur et le cycle se produit / réalise / déroule / construit entre le corps et l’esprit. La connaissance se fait musicale, ou amoureuse (du fait du rôle moteur, du rôle de chef d’orchestre donné au cœur).

Publié dans cahier.spirituel

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