ETRE ET AVOIR

Publié le par Jahman

ETRE ET AVOIR

Toutes les traditions, tous les enseignements, toutes les religions étaient inspirées par une même vérité : « le sens de la vie réside dans l’être et non dans l’avoir ». Ces quatorze mots résument toute la Connaissance, toute la Sagesse.

« Etre », cela veut dire très précisément : être libre de l’avoir.

L’ésotérisme est la science de l’être, de la croissance et de la connaissance (gnose) de l’être. C’est par rapport à cette science fondamentale que s’ordonnent toutes les sciences traditionnelles.

 

La foi est la certitude des choses invisibles, invisibles aux yeux ordinaires (les choses extérieures) mais visibles avec l’œil de l’âme.

 

Il y a toute une série d’étapes, de nœuds à délier, de mensonges à dissiper, de tensions à relâcher, de répressions à exprimer. Le processus est une lente croissance.

C’est du jeu des contradictions que les hommes sont prisonniers. Cessez d’opposer.

 

Théologie scolastique :

  • Aséité = être-par-soi (Dieu)
  • Abaliété = être-par-un-autre (Création)

 

Etre, être, ô être-je aime

Etre qui ne souffre pas d’avoir

Etre sans nombre ni étendue

Etre pourvu de lumière, robe qui éclaire dans la ténèbre

Etre d’amour, d’où flue et reflux la vibration mystique

Alpha et oméga du bonheur et de la vie

Etre pur que rien ne peut circonscrire ni arrêter,

Pas même le verbe, encore moins le mental

Mental qui bloque le passage par l’avoir

Illusion qui me fait dire moi, mon, mien

Illusion qui me fait croire, ô désespoir

L’être ne peut naître ni disparaître

Son pouvoir est dans son absence, sa force dans sa présence

Revenir à l’être que jamais ne peut être quitté

S’unir à l’être que jamais ne peut être séparé

Dans sa présence-absence, l’être communique son être, sa puissance, son énergie.

Etre au-delà, être infini, être sans second qui donne et reçoit

Sans jamais changer, souffrir le manque et l’attente

Etre qui ne connaît ni le peu ni le trop, être arelatif

Transcende les contraires dans l’unité du Faîte suprême.

 

L’être – lumière et vérité – ne peut donner sans se donner tout entier, sa présence est absolue et éternelle. Dans le relatif, le mental et le savoir de la conscience ne voient que l’illusion des apparences, la maya de la Réalité Ultime, le voile d’ignorance qui, même infime, crée un abîme entre l’ego et le Soi, l’intérieur-extérieur et l’unité.

S’abandonner, se laisser aller à sa destinée, sentir, ressentir la vibration pour laquelle on est né – vers laquelle on retourne – jusqu’à se confondre avec ce « sentiment », ce réel inépuisable. Ne pas chercher, tel est le secret ; ne pas vouloir, ni posséder, ni avoir, ni accaparer ; ne pas prendre, ne pas savoir, ni connaître, ni dominer. Tout cela n’est qu’agression, approche violente qui laisse s’échapper l’être si doux, s’évanouir la vibration cosmique.

Inverser notre attitude animale – agressivité, désir, frustration et peur – en compassion, ouverture qui laisse l’intérieur se faire prendre par l’extérieur, l’intérieur se communiquer : totale acceptation dans cet abandon du sien, de son, de soi (de l’avoir de l’être → processus de purification, d’élagage). Juste Milieu sans avant ni après, sans aller ni retour, sans négation ni affirmation ; cette totale acceptation (tantrisme) est le contraire du jugement (c’est toujours un sujet, un Je qui juge, qui possède une vision du monde, un point de vue subjectif, particulier sur un objet quelconque) ; c’est aussi le contraire du déni, du refus, de l’aveuglement.

Il s’agit de laisser-être le réel, laisser-être la vérité ; attitude passive (extérieur) qui garde toute sa puissance dans son être (qui est l’acte lui-même), l’acte d’être.

L’avoir est dans l’acte extérieur : parole et mouvement. C’est donc cet acte extérieur qu’il convient d’abandonner, de se détacher afin de ne garder que l’acte intérieur qui est silence et quiétude. Dans le silence et l’immobilité intérieurs (du mental et des passions), l’être se révèle tel quel (ainsité) à lui-même : c’est la Révélation du Soi.

En cessant de refuser, de s’opposer, on ne juge plus, on ne croit plus son vrai et son faux, on ne voit plus son bien et son mal, son plaisir et sa souffrance. En acceptant quel tel (don de Jah) le plaisir et la souffrance, l’ego cesse son activité propre, abandonne son emprise et son empire. Par l’acceptation totale et inconditionnelle, à travers l’engagement absolue dans l’acte d’exister, l’homme se détache et du mental (parole intérieure) et des passions (désirs) et du devenir (temps linéaire, inauthentique passé → présent → futur ; souvenir, attente). Dans le silence, l’apatheia de l’hesychia, dans la pureté de l’instant présent, naît un « sentiment » de plénitude-d’être, de certitude-de-vérité, de paix-de-l’esprit.

Le suprême détachement est comme le nirvâna bouddhiste, le point où se communique l’Esprit Saint à l’homme dépouillé de sa créature, rendu semblable au Fils. Cette voie de réintégration dans le sein du Père par l’adoption du Fils, du Nouvel Homme, est un retour à la condition pré-adamique. Accepter la loi divine, la vibration vitale passe par un retour à l’innocence, un détachement, un oubli de l’ego qui est en même temps un attachement à l’Etre (absence de privation) et un souvenir de Dieu.

La présence-absence impesonnelle nous amène à la divinisation de notre nature, c’est-à-dire à la naissance de Dieu en l’homme, à la transformation intérieure faisant émerger la Personne Un-Trois.

Dans l’impasse, l’homme s’est fourvoyé, son navire a chaviré, l’homme se laisse sombrer, préférant se noyer plutôt que de tendre la main ; l’homme oubli son éternité dans un temps de mort privé de la présence de l’être. Orgueil et vanité gouverne le monde, orgueil et vanité ont achevé de détruire l’homme ; il n’est plus que chair et os ; dans ses tribulations l’homme s’est égaré ; divisé, il s’est trompé, abusé ; l’homme a oublié l’être (constat heideggérien par excellence). L’oubli de l’être est une perversion, un fourvoiement, une divagation, un aveuglement.

Le Royaume de Jah appartient à ceux qui ont le cœur doux. Mais notre race a un cœur de pierre ; mais notre race s’est perdue en se séparant dans la figure du labyrinthe, les couloirs du temps. Humilité et compassion sont les armes de la prière pure. La véritable prière est un non-agir qui s’effectue depuis les tréfonds de l’être. Cette communion à la source, depuis les profondeurs, libère le cœur de sa gangue et fait franchir l’abîme d’un bond (subitisme T’chan), ouvre le Réel à ce qu’il a toujours été (hors des transformations, dans sa dimension ultime, éternelle) et l’être à sa vérité (le relatif à l’absolu ; coincidentia oppositorum).

L’acquisition du Royaume de Jah est une question de « volonté » car c’est la volonté qui libère de la dualité lorsque l’esprit suffisamment pur s’élève au-dessus de l’ego, l’unité au-dessus de la dualité. L’esprit pur est un oubli de soi, c’est-à-dire de un oubli de l’ego, et un souvenir-présence-communication de l’être.

L’homme qui s’abaisse, se dépouillant de son ego de terre (la poussière, matière de la création), révèle par-là même sa lumière divine, s’élève par l’esprit dans le ciel, voyage dans les airs (souffle, pneuma) qui le rendent à la vie, à sa source (naissance / fin).

Publié dans principe de vie

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reveur 06/01/2008 12:00

Stance du 2 janvier :
Si la connaissance est le chemin l'amour est ce qui éclaire le chemin.
 
Tous les jours une stance nouvelle sur le site ci dessus
 
Bonne route à tous