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cahier.spirituel

Samedi 18 février 2006

Eternel est ton nom

 

 

L’Esprit de Jah vivifie le Fils de l’Homme

A la racine de l’être coule le Tao inépuisable. Maintient ta conscience dans cette paisible fraîcheur des premiers matins, puis élève-toi vers la lumière rayonnante – ta nature, le Ciel.

Entre Ciel/homme et Terre/femme, l’être humain suit le chemin éclairé et vivant tracé par l’être suprême, ton Père, depuis l’éternité – alpha et oméga de l’ici et maintenant a-temporel.

Connais ton Seigneur – Jah !

 

L’énergie se répand, les connexions s’établissent. Ne t’inquiète pas, tu possèdes déjà la vie éternelle.

Par Jahman
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Dimanche 19 février 2006

Ah ! La simplicité ! Devenir simple pour être seul avec le Seul.

Agir, agir, figure de Marthe chez Maître Eckhart.

Oublier ce monde créé, la créature et la création.

Simplifier, ne pas chercher, agir, agir, spontanément, immédiatement, tel est le principe.

Se retrouver, ne plus se perdre, se retrouver dans l’oubli de soi (créature, ego) c’est découvrir le principe que l’on ne peut nommer, seulement vivre de cet être.

Par Jahman
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Dimanche 19 février 2006

Tu ne sais pas voir le bonheur que tu as là (apprécier). Tu cherches ailleurs ce qui se trouve nulle part ailleurs que là. Tu t’en vas au loin chercher une chimère (que tu tiens fermement pour réelle). Tu veux trouver au dehors une illusion qui correspondrait à tes attentes. Alors que le bonheur ne se trouve que là (uniquement, nécessairement et absolument là, radicalement là), ici et maintenant. Si tu cherches le bonheur, cherche-le ici et maintenant, ne cherche que lui.

Calme d’abord ton agitation. Apaise ton cœur, ton corps et ton mental. Détend-toi. Respire calmement et profondément. Ralenti le rythme. Regarde, observe.

Sans désir, sans crainte, sans vouloir, sans avoir, sans chercher, regarde la profondeur, l’épaisseur du temps, du réel.

Oublie-toi dans cette observation

Oublie-toi dans ce regard

Oublie-toi

Dé-couvre (ce que tu as précédemment recouvert) le bonheur lové au creux de l’instant, au cœur du moment présent, éternel instant.
Par Jahman
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Mardi 28 mars 2006

Il manque à l’homme ce sentiment de vivre, de vie, ce bonheur naturel d’exister, cette merveille qu’est la « création », cette présence / conscience (mais plus que ça) du cœur. La vie affective, ce qui fait battre notre cœur, par l’absence de paix intérieures, est amoindrie, sinon nulle. Cette disparition de la vie en nous (de l’affectivité remplacée par l’égo) est le fait d’une dissipation culturelle, historique, logique, d’une séparation d’avec la nature. La coupure que l’humain opère entre lui, son monde aseptisé (société), et celui primordiale de la vie / nature / cœur est la cause du désordre psychique et -  a fortiori – social. On ne sait plus reconnaître l’essentiel, nous avons perdu de vue les valeurs incarnées par l’esprit humain, car on n’écoute plus notre cœur, notre corps ; notre jugement / regard est bien souvent rationnel, égoïste. Notre appartenance à la nature irrationnelle de la vie passe par le souvenir du cœur et donne un sens à notre existence car cette appartenance originelle à la nature nous intègre et nous fais participer à Dieu / vie : nature et amour, c’est-à-dire des réalités qui « transcendent » notre quotidien fini, déterminé, rationalisé et terne. Mais il ne s’agit pas pour autant d’introduire le rêve, l’imaginaire dans notre conception du monde. Il s’agit tout simplement de laisser ouverte la porte du cœur qui nous relie à l’altérité transcendante, l’Un-Tout, à l’infini intemporel, au présent éternel. Ce n’est pas une opération de l’esprit en vue de comprendre un objet, un système, mais, au contraire, un mode d’être de l’homme total, qui demande le travail de l’esprit, du corps ET du cœur, la troisième variable indispensable pour une connaissance qui se dispense des mesures, des quantifications, de la scientificité, des catégories rationnelles. C’est en quelque sorte le moteur, ce qui permet l’échange communicationnel entre le corps et l’esprit ; le cœur donne l’impulsion originelle, la spontanéité émotionnelle (Soi). Le cœur (amour, vie) fait converser, dialoguer les dualités ; le cœur ouvre la voie à l’écoute de l’autre et au don de soi, il relâche l’emprise du Moi sur les consciences. Le dialogue entre les pôles opposés devient possible dès lors que l’on est ouvert et à l’écoute. En d’autres termes, le corps et l’esprit sont des voies gnoséologiques qui, lorsqu’ils ne sont pas réduits, relativisés et utilisés comme des absolus (dogmatisme, vérité), composent le triptique « exprit/corps-cœur ». Le rythme est donné par le cœur et le cycle se produit / réalise / déroule / construit entre le corps et l’esprit. La connaissance se fait musicale, ou amoureuse (du fait du rôle moteur, du rôle de chef d’orchestre donné au cœur).

Par Jahman
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Samedi 8 avril 2006

Chaque lieu est un point d’entrée/sortie

Chaque particule est en interaction permanente avec la totalité. C’est un point ouvert qui laisse entrer ce qui doit y entrer et qui laisse sortir ce qui doit y sortir. Le point spatial ouvre sur l’infini, la totalité de l’univers.

La place (res) est à la fois ins et ex, entrée et sortie, lieu d’échange des flux énergétiques par excellence. Le monde est création perpétuelle, c’est-à-dire transformation. En tant qu’élément, particule, partie du monde, je ne peux exister hors de lui. Ce monde, cet espace extérieur n’est donc pas réel mais c’est moi-même. Je, cette création, partie / élément en interaction permanente avec le tout, qui, à la différence des être dénués de conscience, possède le savoir de lui-même (réflexion). Homo sapiens sapiens est une rupture dans l’évolution de l’espèce humaine. Le genre est surdéveloppé comparativement à ses ancêtres hominidés. Ce re-doublement de la pensée sur elle-même donne à l’homme la conscience de soi. Cette large capacité cognitive accroît le potentiel créatif et inventif en ouvrant davantage l’ego à l’altérité, en accroissant le réseau de relations, les connexions s’en trouvant complexifiées, la trame du tissu densifiée. Elément parmi les éléments mais élément qui sait qu’il est un élément parmi les autres. Ce savoir fait toute la différence.

L’espace comme un tissu de relations complexes est un milieu ouvrant la matière au-dedans (fissure temporelle de l’espace). Cette ouverture interne des éléments est une production énergétique de la lumière spirituelle, une dispersion temporelle de l’éternité. C’est la Création.

Ecriture créée sur la création, dans la création, pour la création, par la création. Les deux niveaux se rejoignent dans le discours réfléchissant son propre sens créé. Ce processus n’est pas linéaire, ne va pas en s’expansifiant mais, au contraire, pénètre plus profondément à l’intérieur, au plus près de l’origine absolue – néant au-delà du temps et de l’espace qui qualifient l’être extérieur. Le néant intérieur est comme le négatif de l’être extérieur. Toute perception est inconcevable pour cette dimension cachée. Il nous faut avoir recours à une non-perception, c’est-à-dire un effacement de l’intention, dans le maintien de l’attention. Evacuer la forme, transcender l’incarnation par l’esprit indivisible. Sorti de soi est l’œuvre divine qui nous fait progresser. Désassumer, déresponsabiliser est un dur travail face à la société. Dépasser toute conception et toute représentation idéelle. Désubstantiver le noyau moïque. Rejeter tous les couples de contraires pour trouver l’absolu. Ce rejet doit être fait pour lui-même, sans intention, sans finalité autre à atteindre. Dès lors, il ne demeure que le jet pur de soi-même allant au-delà de soi-même, c’est-à-dire vers l’autre. Cette liaison éternelle allant de l’identique à la différence, du même à l’autre, de soi-même à l’altérité casse le cercle qui enferme la conscience – et la conscience de soi – en elle-même. En ouvrant sa conscience par la mise en relation avec le contraire absolu dans l’acte désintéressé, de don et d’amour, on communique avec l’inconnu intérieur. Ce dernier est accessible sous la couche du moi conscient qui semble protéger notre fond intime. C’est pour cela qu’il ne faut pas avoir peur car cette peur universelle bloque l’ouverture du cœur en surimposant le moi protecteur. Retourner à son fond primordial, au Soi authentique, c’est se libérer de la peur. Ce fond pur de soi-même, centre de l’être est la porte d’entrée/sortie des énergies. Le moi est comme un filtre qui censure et dirige les énergies ; il contrôle tout. Le contrôle moïque nous empêche de vivre en nous séparant du réel pour nous protéger. Enlever toute peur dans son cœur permet de supprimer le contrôle moïque n’ayant plus son utilité. Dès lors peut s’épanouir la lumière intérieure reflétant l’absolu divin éternel. Rien de plus.

Par Jahman
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