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Dimanche 13 mai 2007

Cris de haines et d’amours

 

Se battre, s’acharner, se déchaîner, combattre le système pour s’accepter, non pour se faire accepter. L’être, oh le mystère merveilleux que voilà !

Shoota Babylone, telle est la formule assassine. Putain de société névrosée et névrosante. Elle place ses putains de barrières, ses putains de limites. Putain de raison qui dicte sa loi, qui fait sa loi esclavante. Libérons le verbe. Ah ! L’artisticisme ! Création qui libère. Quelle verbe sans verve !

 

Haine et amour, bien et mal, quel rapport ? Qui pourra recracher ce fruit pourri de la connaissance, celui qui nous a voué à la mort ? Quel malheur connaît-on par cette connaissance ! Libérons-nous de la connaissance qui nous voile le mystère insondable, le divin mystère lové au cœur de l’être le plus intime, le plus propre. Défaisons-nous de notre vielle peau. Voici venu l’heure de la mu, pour que le serpent malveillant, symbole satanesque, devienne Ourobos, symbole de vie, etc.

 

Réalité, réalité quand tu m’attires. Haine et amour de la réalité, tout ça mêlé !

Tout prendre ensemble, tout comprendre, tout inclure dans le Tout : bien et mal, amours et haines, etc.

 

Galope, galope !

 

Affirmer sa volonté !

Fin de la mystique

Fin de la sagesse même, qui n’a même pas eut le temps de voir jour

Passons au simple bien-être, je dis : bien-être, non pas bien-avoir, donc pas de bien-être matérialiste, expression qui n’existe même pas ! Non-sens, turpide intellectuliste. Et vogue l’idée ! Ah ! Ces intellectuels, quelle bande de cons !

 

 

Cri de haine ! Cri de colère. Crier sa haine ! Crier sa colère. Exprime-expulse ta haine ! Exprime-expulse ta colère. Thérapie « génique », purificatrice, du superficiel ego à l’être le plus profond, la gène le plus caché.

 

Le monde est maya, illusion. C’est le mouvement qui crée l’illusion, plus précisément le mouvement de la conscience, l’agir de la conscience qui crée l’illusion par son mouvement, trouble optique, déformation de la Vérité (des Idées platoniciennes). Ben alors quoi ?! Créons de l’illusion agissons-nous (non pas agitons-nous). Agir voilà la soluce ! Faire des mouvements (non pas des mouvements « inutiles », dispersion désordonnée, essoufflement, etc.), activer son corps et son esprit et, joyeusement, créons de l’illusion. La création est libératrice, la création est révélatrice. C’est par l’illusion du mouvement que se révèle la vérité immobile ; c’est par le devenir que se révèle l’éternité, et pas autrement. N’écoute que toi ! « Ecoute que toi », c’est s’écouter sur les deux versants / aspects : écouter le bavardage incessant qui doit cesser, s’écouter débiter des conneries (versant négatif) et écouter la parole intérieure, son être le plus intime (versant positif). L’écoute se fait au deux niveaux : superficiel et profond. L’écouter du superficiel pour purifier et entrer en profondeur (pratique, agir) et écouter la profondeur pour être soi-même Un-Dieu (théorie, contemplation). Toujours le deux. Quand le deux devient Un. C’est l’accomplissement suprême, le commencement-achèvement tout-un, en Un, l’Un qui n’a pas de nom, le principe au-delà de l’être qui ne s’énonce pas, source de l’être indicible, inaudible, innommable, ineffable, merveilleuse.

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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Mardi 25 avril 2006

Sémiocalie ou signification du beau ou beauté du sens. Au-delà de la vérité et de la cohérence, du vrai / faux, la beauté du sens est la finalité de la parole, de la communication. Parler pour dire le beau. Parler c’est glorifier le réel, magnifier la création / vie.

Le monde est une question. Le langage est toujours une question. Derrière toutes les phrases, toutes les affirmations, toutes les formes littéraires, il y a un questionnement : celui de l’être. Question de l’être qui se demande, qui s’intellige dans l’actualité / présence. L’être se fait intellect / connaissance pendant que l’intellect retourne à l’être. Dans le même temps, nous avons une procession d’être (verbe) à la connaissance et une conversion de l’intellect à l’Etre (nom). L’être / intellect est temps / éternité, avec un avant et un après en même temps que sans ce même avant et après.

L’esprit discursif empêche la manifestation de l’amour car l’amour est unité et la discursivité est dualité. Dans le désert de l’esprit-cœur jaillit la flamme, l’énergie merveilleuse. Depuis la racine s’abandonner. Oh glorieux abandon ! Laisser être le temps en soi. Abandon ! Abandon ! Rien d’autre que la « pratique » continuelle de l’abandon, du don de l’être. Se donner plutôt que prendre ; se livrer sans concession.

Chaque intervention, chaque volition, chaque mouvement de l’homme a des conséquences et des répercussions qui vont bien au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.

Lorsqu’on fait silence, l’esprit connaît la paix de l’unité. Sans résister, la rémission sans condition est inéluctable et nécessaire, la rémission est une libération. En effet, écouter attentivement fait naître le silence fécond, vivifiant. Dans l’écoute, le monde extérieur et le monde intérieur ne font plus qu’un : la dualité, la séparation a disparue. A la place de ces mondes intérieurs et extérieurs, de ces dualités (violence / mal) surgit, sourd, jaillit l’Un, l’unité primordiale, anté-temporelle, éternelle.

Les conditions nécessaires au jaillissement du Un sont le silence, lui-même issu de l’écoute (ou méditation) et l’abandon, le dépouillement, le laisser-être-l’autre-en-soi, le wu-wei des taoïstes. Sans souci de soi, sans préoccupation pour le monde créé, le regard spirituel tourné sans cesse vers la joie et la lumière divine, tous nos sens tendus vers Dieu-Un. Prendre conscience de chaque geste : et le temps se ralenti, se densifie, prend de l’épaisseur, qualité divine. Le temps passe de la quantité à la qualité, de la mesure à la qualité au-delà de toute mesure.

Prendre conscience de chaque geste, de chaque respiration : comprendre leur valeur → la valeur de l’instant. L’instant est éternel, on ne le répètera jamais assez.

Notre destinée ne nous appartient pas. Nous ne pouvons la choisir, nous n’avons pas prise sur elle. Par contre, nous avons la liberté de l’accepter et de la vivre positivement, ou de la fuir, de la vivre négativement. Purifier le cœur de toutes ses passions : de la colère à la peur, du désir à la haine.

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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Samedi 8 avril 2006

Chaque lieu est un point d’entrée/sortie

Chaque particule est en interaction permanente avec la totalité. C’est un point ouvert qui laisse entrer ce qui doit y entrer et qui laisse sortir ce qui doit y sortir. Le point spatial ouvre sur l’infini, la totalité de l’univers.

La place (res) est à la fois ins et ex, entrée et sortie, lieu d’échange des flux énergétiques par excellence. Le monde est création perpétuelle, c’est-à-dire transformation. En tant qu’élément, particule, partie du monde, je ne peux exister hors de lui. Ce monde, cet espace extérieur n’est donc pas réel mais c’est moi-même. Je, cette création, partie / élément en interaction permanente avec le tout, qui, à la différence des être dénués de conscience, possède le savoir de lui-même (réflexion). Homo sapiens sapiens est une rupture dans l’évolution de l’espèce humaine. Le genre est surdéveloppé comparativement à ses ancêtres hominidés. Ce re-doublement de la pensée sur elle-même donne à l’homme la conscience de soi. Cette large capacité cognitive accroît le potentiel créatif et inventif en ouvrant davantage l’ego à l’altérité, en accroissant le réseau de relations, les connexions s’en trouvant complexifiées, la trame du tissu densifiée. Elément parmi les éléments mais élément qui sait qu’il est un élément parmi les autres. Ce savoir fait toute la différence.

L’espace comme un tissu de relations complexes est un milieu ouvrant la matière au-dedans (fissure temporelle de l’espace). Cette ouverture interne des éléments est une production énergétique de la lumière spirituelle, une dispersion temporelle de l’éternité. C’est la Création.

Ecriture créée sur la création, dans la création, pour la création, par la création. Les deux niveaux se rejoignent dans le discours réfléchissant son propre sens créé. Ce processus n’est pas linéaire, ne va pas en s’expansifiant mais, au contraire, pénètre plus profondément à l’intérieur, au plus près de l’origine absolue – néant au-delà du temps et de l’espace qui qualifient l’être extérieur. Le néant intérieur est comme le négatif de l’être extérieur. Toute perception est inconcevable pour cette dimension cachée. Il nous faut avoir recours à une non-perception, c’est-à-dire un effacement de l’intention, dans le maintien de l’attention. Evacuer la forme, transcender l’incarnation par l’esprit indivisible. Sorti de soi est l’œuvre divine qui nous fait progresser. Désassumer, déresponsabiliser est un dur travail face à la société. Dépasser toute conception et toute représentation idéelle. Désubstantiver le noyau moïque. Rejeter tous les couples de contraires pour trouver l’absolu. Ce rejet doit être fait pour lui-même, sans intention, sans finalité autre à atteindre. Dès lors, il ne demeure que le jet pur de soi-même allant au-delà de soi-même, c’est-à-dire vers l’autre. Cette liaison éternelle allant de l’identique à la différence, du même à l’autre, de soi-même à l’altérité casse le cercle qui enferme la conscience – et la conscience de soi – en elle-même. En ouvrant sa conscience par la mise en relation avec le contraire absolu dans l’acte désintéressé, de don et d’amour, on communique avec l’inconnu intérieur. Ce dernier est accessible sous la couche du moi conscient qui semble protéger notre fond intime. C’est pour cela qu’il ne faut pas avoir peur car cette peur universelle bloque l’ouverture du cœur en surimposant le moi protecteur. Retourner à son fond primordial, au Soi authentique, c’est se libérer de la peur. Ce fond pur de soi-même, centre de l’être est la porte d’entrée/sortie des énergies. Le moi est comme un filtre qui censure et dirige les énergies ; il contrôle tout. Le contrôle moïque nous empêche de vivre en nous séparant du réel pour nous protéger. Enlever toute peur dans son cœur permet de supprimer le contrôle moïque n’ayant plus son utilité. Dès lors peut s’épanouir la lumière intérieure reflétant l’absolu divin éternel. Rien de plus.

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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Mardi 28 mars 2006

Il manque à l’homme ce sentiment de vivre, de vie, ce bonheur naturel d’exister, cette merveille qu’est la « création », cette présence / conscience (mais plus que ça) du cœur. La vie affective, ce qui fait battre notre cœur, par l’absence de paix intérieures, est amoindrie, sinon nulle. Cette disparition de la vie en nous (de l’affectivité remplacée par l’égo) est le fait d’une dissipation culturelle, historique, logique, d’une séparation d’avec la nature. La coupure que l’humain opère entre lui, son monde aseptisé (société), et celui primordiale de la vie / nature / cœur est la cause du désordre psychique et -  a fortiori – social. On ne sait plus reconnaître l’essentiel, nous avons perdu de vue les valeurs incarnées par l’esprit humain, car on n’écoute plus notre cœur, notre corps ; notre jugement / regard est bien souvent rationnel, égoïste. Notre appartenance à la nature irrationnelle de la vie passe par le souvenir du cœur et donne un sens à notre existence car cette appartenance originelle à la nature nous intègre et nous fais participer à Dieu / vie : nature et amour, c’est-à-dire des réalités qui « transcendent » notre quotidien fini, déterminé, rationalisé et terne. Mais il ne s’agit pas pour autant d’introduire le rêve, l’imaginaire dans notre conception du monde. Il s’agit tout simplement de laisser ouverte la porte du cœur qui nous relie à l’altérité transcendante, l’Un-Tout, à l’infini intemporel, au présent éternel. Ce n’est pas une opération de l’esprit en vue de comprendre un objet, un système, mais, au contraire, un mode d’être de l’homme total, qui demande le travail de l’esprit, du corps ET du cœur, la troisième variable indispensable pour une connaissance qui se dispense des mesures, des quantifications, de la scientificité, des catégories rationnelles. C’est en quelque sorte le moteur, ce qui permet l’échange communicationnel entre le corps et l’esprit ; le cœur donne l’impulsion originelle, la spontanéité émotionnelle (Soi). Le cœur (amour, vie) fait converser, dialoguer les dualités ; le cœur ouvre la voie à l’écoute de l’autre et au don de soi, il relâche l’emprise du Moi sur les consciences. Le dialogue entre les pôles opposés devient possible dès lors que l’on est ouvert et à l’écoute. En d’autres termes, le corps et l’esprit sont des voies gnoséologiques qui, lorsqu’ils ne sont pas réduits, relativisés et utilisés comme des absolus (dogmatisme, vérité), composent le triptique « exprit/corps-cœur ». Le rythme est donné par le cœur et le cycle se produit / réalise / déroule / construit entre le corps et l’esprit. La connaissance se fait musicale, ou amoureuse (du fait du rôle moteur, du rôle de chef d’orchestre donné au cœur).

par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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Dimanche 19 février 2006

Tu ne sais pas voir le bonheur que tu as là (apprécier). Tu cherches ailleurs ce qui se trouve nulle part ailleurs que là. Tu t’en vas au loin chercher une chimère (que tu tiens fermement pour réelle). Tu veux trouver au dehors une illusion qui correspondrait à tes attentes. Alors que le bonheur ne se trouve que là (uniquement, nécessairement et absolument là, radicalement là), ici et maintenant. Si tu cherches le bonheur, cherche-le ici et maintenant, ne cherche que lui.

Calme d’abord ton agitation. Apaise ton cœur, ton corps et ton mental. Détend-toi. Respire calmement et profondément. Ralenti le rythme. Regarde, observe.

Sans désir, sans crainte, sans vouloir, sans avoir, sans chercher, regarde la profondeur, l’épaisseur du temps, du réel.

Oublie-toi dans cette observation

Oublie-toi dans ce regard

Oublie-toi

Dé-couvre (ce que tu as précédemment recouvert) le bonheur lové au creux de l’instant, au cœur du moment présent, éternel instant.
par Jahman publié dans : cahier.spirituel
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